Depuis toute petite, les livres ont été mes plus proches compagnons. Tu as deviné que je suis née au début des années 80, avant qu’Internet ne fasse son apparition et alors que les livres audio étaient encore rares ? Je te propose de découvrir les étapes que j’ai suivies pour travailler dans l’univers des mots et intégrer l’industrie de la littérature.

Un parcours étudiant en demi-teinte

Ça arrive parfois, mais je n’ai pas suivi les études que je voulais. Ma situation était celle-ci : j’ai passé mon bac à seize ans, je suis issue d’un milieu modeste (première personne dans mon cercle familial acceptée en université/classes prépa), pas vraiment les moyens de déménager dans une autre ville pour suivre un cursus qui me correspondrait davantage. Je me souviens avoir été très jalouse de mes camarades plus âgés ou plus aisés qui me semblaient posséder sur leur vie plus de contrôle que moi.

Mon rêve ? Un cursus en Histoire de l’art, pour travailler ensuite dans un musée. J’ai une passion pour la muséographie et tout ce qui concerne la communication autour de l’art.

Si j’aurais été plus heureuse ? Certainement, même si j’aurais quand même ressenti l’envie de partir à l’étranger.

En fin de compte, j’ai fait des études d’anglais avec un gros focus sur la littérature du monde anglophone, le cinéma et surtout, la traduction littéraire.

Mes premiers pas dans l’écriture

Un éveil précoce au monde de l’écrit

J’ai commencé très jeune à explorer l’univers de l’écriture, notamment parce que j’adorais la lecture. Entre les bibliothèques rose et verte chez mes grands-parents et des histoires comme celles de Roald Dahl ou Pierre Gripari, je passais le nez dans un livre.

Toi aussi, tu as ressenti très tôt l’appel de l’écriture ?

Tu te souviens des livres Folio Junior Édition Spéciale ? Ceux que tu retournais après avoir lu le roman pour remplir des tests, découvrir des extraits d’autres récits ou faire des exercices de rédaction.

J’adorais !

Le concours qui a tout changé

Plus tard, en sixième, notre professeure de français a lancé l’idée d’écrire une nouvelle et de nous inscrire à un concours. Durant les trois années qui ont suivi, nous avons tous participé pour créer l’histoire et les personnages. On avait des sessions d’écriture en cours de rédaction. Je me souviens d’une fois où mon texte a été retenu dans son intégralité. J’étais super fière.

À notre plus grand bonheur, nous avons gagné le concours puis on s’est envolés pour Paris visiter un Salon du Livre et rencontrer l’auteur qui nous avait parrainés.

En classe de troisième, des parents se sont impliqués pour trouver des sponsors et faire imprimer le petit ouvrage.

Je suis très fière de raconter cette histoire et je suis particulièrement reconnaissante envers mes professeurs (et les autres adultes) pour cette opportunité fantastique.

Lors d’une réception pour promouvoir notre livre devant des parents, des profs et des personnes du monde politique local.

Ma première mission de traduction

Ma licence (puis ma maîtrise) en poche, j’ai commencé à donner des cours de langue ou à travailler à la réception ou aux réservations dans plusieurs hôtels pour pouvoir utiliser mes langues vivantes.

Cela dit, ma première expérience de traduction a été pour un ami musicien. Je l’ai aidé à traduire certaines de ses paroles et à faciliter sa communication avec son label étranger.

Le groupe s’appelait Kom-Intern et si je ne me trompe pas, l’album était ukusa. C’était il y a une vingtaine d’années.

Plus tard, quand j’étais assistante de français au Royaume-Uni, j’ai intégré une formation en soirée pour me préparer à passer un certificat en interprétariat pour le service public. Je me suis rapidement rendu compte que j’étais encore moins faite pour l’interprétariat que pour l’enseignement. Cela dit, cette expérience a confirmé mon goût et mon talent pour la traduction.

Un petit passage en studio d’enregistrement

Fin 2007, j’ai eu la fantastique opportunité de passer deux jours en studio d’enregistrement.

Ça a été une expérience vraiment enrichissante.

À l’époque, j’étais assistante de français dans un collège-lycée. L’organisme responsable a recruté plusieurs francophones pour enregistrer la version audio des cours que plusieurs professeurs avaient montés de toutes pièces pour enseigner le français à des élèves de primaire. Vu qu’ils n’avaient pas de manuel, ils ont décidé de créer le leur, support sonore à l’appui.

J’ai adoré nos deux séances ! Je sais qu’aujourd’hui, le podcast s’est démocratisé et que tout un chacun – personne privée ou entrepreneur – peut parler dans un micro pour le plaisir ou le business. Mais à l’époque, c’était tout nouveau pour moi.

J’ai aimé l’ambiance feutrée du studio, le scénario, le travail en groupe avec les trois autres acteurs improvisés. L’expérience a été si enrichissante que j’ai songé à me reconvertir dans l’ingénierie-son quand j’ai fait le constat que l’enseignement n’était pas fait pour moi.

Quand j’étais assistante de langues vivantes dans un collège-lycée de Glasgow.

Je me suis lancée dans la traduction indépendante

En 2013, j’ai quitté le village norvégien dans lequel (il faut l’avouer), je végétais, pour m’installer à Bergen. Mon objectif était de réintégrer l’université pour passer un deuxième Master et poursuivre par un doctorat. À ce moment-là, je comptais également reprendre une formation de traductrice pour devenir assermentée et me remettre à l’écriture.

Malheureusement, un arrêt maladie avec une longue période d’attente avant l’opération m’a contrainte à trouver une solution pour travailler de chez moi. J’ai créé mon autoentreprise de services linguistiques d’abord axés sur la rédaction de textes SEO, et je me suis rapidement orientée vers la traduction littéraire. J’ai eu la chance de décrocher des missions régulières auprès de Textmaster pour faire bouillir la marmite, puis de rencontrer une correctrice super pour m’aider dans mes traductions.

L’écriture est revenue toquer à la porte

Devenir traductrice littéraire et rédactrice SEO m’a enseigné la discipline, la précision et le respect de la voix de l’auteur ou de l’acheteur. Ces compétences se sont révélées inestimables lorsque je me pose pour écrire mes propres textes de fiction.

J’ai recommencé à lire en français, chose que j’avais oubliée pendant mes trois premières années en Norvège, quand j’apprenais la langue. J’ai également commencé à noter des idées qui me passaient par la tête.

D’ailleurs – petite confidence –, je n’ai pas débuté par l’histoire de Cendre, mais par mes deux autres projets (« Perdre pied » et « Terrevaine »). J’ai longtemps procrastiné pour écrire « Rêverie », mais fin 2022 et au premier trimestre de l’année 2023, j’ai eu un sursaut et je me suis lancé des défis successifs.

J’avoue que depuis que j’ai découvert « L’année de 12 semaines », ma vie a changé. Mais nous en reparlerons.

Après une première expérience d’essai sur Amazon et de nombreux dialogues, j’ai réécrit « Rêverie » à 95 pour cent afin d’améliorer l’intrigue et la langue. Je remercie d’ailleurs ma bêta-lectrice et ma correctrice qui m’ont aidée à polir ce premier texte.

On se retrouve bientôt pour d’autres publications ?

Conclusion

J’espère que mon parcours t’a intéressé. S’il y a une leçon à retenir, c’est que la vie emprunte parfois des chemins détournés… Mais aussi que les compétences transversales sont inestimables.

À propos

Olivia Sauveterre

Traductrice littéraire et auteure basée à Bergen (Norvège).
J'aime la musique gothique et j'apprends le gallois !

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